♀️♂️ L’ascension de Mary Barra CEO de GM

♀️♂️ L’ascension de Mary Barra CEO de GM


L’histoire de Mary Barry revêt des atours d’un conte de fées des temps modernes : qui aurait pu prévoir que la simple fille d’un ouvrier de chez General Motors pourrait en devenir, un jour, la patronne incontestée ?

Mary Barra : Une femme à la tête de General Motors

Née en 1961 dans le Michigan, Mary Barra est, depuis 2013, la directrice générale de General Motors. Fille d’un ouvrier ajusteur chez Pontiac, filiale de GM, ce pur produit de la «Rust Belt», intègre, en 1979, le General Motors Institute de Flint, où elle suit des études d’ingénieur en alternance grâce à une bourse Pontiac, qu’elle complètera par un MBA à Stanford, financé par GM.

Si cette fonceuse est devenue la femme la plus puissante de toute l’histoire de l’industrie automobile, ce n’est pas un hasard. Sa détermination lui a permis de grimper tous les échelons en passant par des postes à la fabrication, la conception avant d’exercer des fonctions de cadre supérieur, notamment à la direction d’usine ou encore dans le domaine des relations sociales, où sa contribution, au moment où le groupe filait droit vers la faillite, sous l’effet conjugué de la crise et d’un endettement colossal, fut remarquable.

Ayant fait la preuve de sa ténacité, de son talent et de sa capacité à gérer les crises profondes, elle se voit nommée à la direction du développement des véhicules avant d’intégrer le Conseil d’Administration du groupe, en 2013. Vice -présidente du développement mondial des produits, des achats et de la chaîne d’approvisionnement du groupe, elle a fait partie de ceux qui ont mené le redressement du groupe et revitalisé ses produits.

Ce parcours d’excellence milite en sa faveur lorsqu’en 2012, elle ose affirmer son ambition en se mettant en avant comme candidate à la succession du Daniel F. Akerson, alors PDG de GM, dont elle est l’une des proches collaboratrices.

Tout juste nommée à la tête du groupe, Mary Barra se retrouve confrontée à une crise majeure : le rappel de 30 millions de voitures suite à un système technique défectueux qui entrainera des pertes de contrôle de véhicules et 124 décès. Reconnue pour sa grande écoute, elle l’est également pour sa capacité à prendre les bonnes décisions rapidement. Réactive dans la tourmente, elle affirme son leadership d’une main de fer en faisant un rappel massif des véhicules, en renforçant les règles et sécurité et en limogeant 15 cadres accusés de ne pas avoir agi en conséquence.

Malgré les rappels et les gros titres assassins des quotidiens, GM a le vent en poupe et produit actuellement les modèles les plus réussis de son histoire, notamment sur le plan des véhicules électriques et des voitures connectées, primés par des magazines spécialisés comme l’influente revue «Consumer Reports», le «Que Choisir» américain. La firme ambitionne, d’ici 2017, de produire au moins 500 000 véhicules électriques et hybrides.

Une femme courageuse, qui ose

Le parcours de Mary Barra est celui d’une femme qui ose. La force de son ambition et de son audace l’ont aidé à forger son parcours et en fait un vrai modèle de leadership féminin. La première femme à accéder à 51 ans à la tête d’un groupe américain automobile, a su gérer les différentes crises auxquelles General Motors a été confronté.

La firme perdra en effet près de 10,5 milliards de dollars dans son plan de sauvetage, lors de la crise qu’elle a traversé, sur un total de 50,5 milliards de dollars d’aides de fonds publics, sous le gouvernement Obama.

La volonté, la fermeté, le sens des responsabilités et le courage de Mary Barra ont permis au géant de Detroit, déclaré en faillite en 2009, de relever la tête et de renouer avec les profits, sous sa conduite. En 2015, General Motors a généré un profit de presque 10 milliards de dollars, un record pour le géant de l’industrie américaine.

Conclusion

Mère de deux adolescents, Mary Barra force l’admiration pour sa capacité à concilier sa carrière et sa vie de famille. Dans un milieu de l’automobile très masculinisé, Mary Barra a réalisé une vraie consécration professionnelle. Première femme à accéder, à 51 ans, à la tête d’un groupe automobile américain, son parcours exemplaire, ouvre la voie à d’autres leaders féminins, comme Marillyn Hewson à la tête de Lockheed Martin, dans l’industrie de défense. Aujourd’hui désignée comme la cinquième femme « la plus puissante du monde », selon le classement Forbes de juin 2016, Marry Barra est un modèle de leadership « au féminin », mêlant courage, ténacité et audace.

Henda Zaiani