Pourquoi Tesla vaut-elle aujourd’hui 2 fois plus que PSA ?

Pourquoi Tesla vaut-elle aujourd’hui 2 fois plus que PSA ?


Avec une capitalisation boursière qui dépasse désormais les 50 milliards de dollars grâce à des actions à 300 dollars, le constructeur américain vaut désormais plus de 2 fois plus que son concurrent français PSA et même Nissan. Cette valorisation est d’autant plus impressionnante que Tesla n’a vendu que 76 000 voitures en 2016, bien loin des 5,5 millions de véhicules de Nissan et des 3 millions de Renault et PSA. En avril dernier, le fabricant de voitures électriques de luxe a même dépassé les historiques du secteur automobile que sont Ford et ses 6,7 millions de voitures vendues par année, et même GM, devenant ainsi la première valeur boursière du secteur automobile américain. Le symbole est fort ! Et pourtant, il y a quatre ans seulement, Tesla ne pesait que 4 milliards en bourse, soit plus de 10 fois moins qu’aujourd’hui… De même, Tesla a doublé sa valorisation en 18 mois seulement. Ces chiffres laissent songeur…

La communication, le marketing et Tesla ?

L’une des forces de Tesla est d’être connue par tous… sans avoir dépensé le moindre euro ! La marque n’a en effet pas besoin de faire de la publicité pour ses voitures, ce sont ses voitures qui font sa publicité. Par ailleurs, la marque a développé ses propres showrooms qu’elle gère elle-même, où sont exposés un nombre réduit de modèles. Au total, elle possède plus de 200 points de vente de ce type dans le monde entier, chiffre qui doublera l’an prochain. L’effet de mode a par ailleurs été amplifié grâce à des stars, telles que Léonardo Di Caprio, Cameron Diaz ou encore George Clooney, qui n’hésitent pas à se montrer au volant d’une Tesla.

Autre caractéristique surréaliste, Tesla est en train de perdre de l’argent mais pas la confiance des investisseurs. En effet, malgré l’annonce de pertes plus importantes que prévues, les investisseurs continuent de croire en Tesla. De même, Elon Musk, l’un des cofondateurs et actuel dirigeant de Tesla, n’escompte pas de réaliser de profits avant 2020. Malgré tout, les perspectives qu’il offre restent alléchantes.

L’année prochaine s’annonce décisive pour la marque dans la mesure où elle a décidé de lancer un nouveau modèle de voiture, la Model 3, bien plus abordable que les précédents. L’entreprise a déjà enregistré plus de 400 000 précommandes. Se pose alors la question de savoir si Tesla sera en capacité ou non d’honorer ces commandes en produisant suffisamment de véhicules. A ce sujet, l’entreprise a d’ores et déjà annoncé avoir une production supérieure aux estimations (le groupe prévoyait de produire 50 000 voitures au premier semestre 2017), ce qui a fait s’envoler le titre en bourse, les capacités de production concentrant les principales réserves des investisseurs.

Cette valorisation boursière permet à la marque de financer ses projets, en particulier sa R&D : depuis 2014, Tesla a réalisé plus de 10 milliards de dollars d’investissements ! Le positionnement révolutionnaire de Tesla se justifie par sa recherche constante de développer l’éco-mobilité du futur et non simplement comme ses concurrents quelques améliorations de composants électriques, tels que les batteries. Tesla pense le futur. Ce challenge inspirant explique ainsi l’engouement autour de la marque californienne.

Surnommé le « Steve Jobs de la bagnole », Elon Musk casse ainsi les codes de l’automobile traditionnelle : après avoir créé Paypal qu’il a revendu à Ebay pour plus de 3 milliards de dollars, il s’attaque désormais au secteur de l’automobile en développant un marketing de l’écosystème.

En quoi la stratégie de Tesla est-elle transposable ?

La stratégie de Tesla peut être apparentée à la stratégie du Triple P (Personnes, Planète, Profit), autrement appelée Triple Bottom Line, concept qui monte en puissance depuis plusieurs années. Inventée par John Elkington, cofondateur du premier cabinet de conseil en stratégie de développement durable en 1994, cette expression illustre la transposition du développement durable au sein des entreprises, s’insérant plus largement dans la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les résultats de l’entreprise sont analysés sous trois angles : la performance économique s’incarne dans le profit, tandis que les effets sociaux sur les parties prenants sont également évalués, tout comme l’impact environnemental sur le maintien des écosystèmes. A la lumière de ces trois facteurs peuvent être évaluées les performances des entreprises.

Tesla, de par sa recherche du futur de l’automobile, combine ces trois facteurs, d’où son succès fulgurant. Cependant, il est n’est pas aisé de transposer cette stratégie à d’autres entreprises, encore plus si cela concerne d’autres secteurs.

Le positionnement inspirant de Tesla est certainement la clé de sa réussite

De par l’innovation portée, Tesla a su séduire une clientèle aisée prête à acheter des voitures avec un prix d’entrée fixé à 70 000 euros. Sa vision du futur de l’automobile fait rêver, ce qui lui permet de se différencier de ses concurrents de par son positionnement inspirant. Ce succès fulgurant souligne également les attentes et espoirs suscités par l’essor des voitures électriques, voire à plus long terme, des voitures autonomes.

Inspirons nos marchés et continuons le dialogue !

Aude Braunsteffer